Ou comment parfois, j'aimerais avoir un radeau pour faire déguerpir mes copines.

Ma vie est un désastre. Mais ça vous commencez à le savoir. Sauf que mes copines vous les connaissez pas encore. Je vous situe la scène que vous soyez pas perdu.
Ce matin, comme prévu si je ne la rappelais pas, Noisette a débarqué à midi tapante sur mon paillasson et a tambouriné à ma porte comme une dératée. Moi j'ai éteint la lumière (Voui quant il pleut il fait sombre chez moi, même à midi), et je me suis cachée. J'vous l'accorde, c'est pas très glorieux mais vous voyez ça va faire quarante huit heures que je n'ai rien ingéré de solide, j'ai la tignasse comme une botte de foin qui a trop séché au soleil et le teint de plus en plus cadavérique. Bref, le tableau, même Noisette j'avais pas envie qu'elle le voit. Finalement, elle s'est acharnée une bonne demi-heure et puis elle a laissé tomber. J'croyais que j'en avais fini avec elle au moins pour quelques jours mais c'était sans compter sur la pugnacité de mes copines.
Donc me voilà, assise derrière ma porte d'entrée, mon ordinateur portable sur les genoux, avec trois lionnes en furie de l'autre côté du mur, entrain d'hurler à qui veut bien l'entendre que j'exagères. Mes voisins sont sans doute ravis : plus besoin d'attendre 13h, TF1 et les feux de l'amour pour vivre un drame en couleur, je suis là.
Noisette est donc partie, non pas pour rentrer gentiment chez elle et continuer à converser avec mon répondeur, mais pour aller chercher du renfort. La voilà donc de retour, accompagnée de Lola (meilleure amie numéro 2) et de Lison (meilleure amie numéro 3), toutes bien décidées à me faire sortir de chez moi, par quelques moyens que ce soit.
- Bordel Plume si t'ouvres pas cette putain de porte, j'te jure qu'on passe à travers. (Ca c'était Lison, en direct de ma cage d'escalier, envoyée spéciale de ma vie pour mes voisins d'à côté).
-Cassez-vous, j'veux mourir.
- Ecoute chérie, c'est un con, on le pensait toutes avant, on continue à le penser aujourd'hui. Il ne te mérite pas. Allez ouvre. (Vous noterez toute la douceur de Lola, même en période de crise).
- T'entends ? Ouvre on t'a dit (Noisette, l'instigatrice du carnage).
- Naaaaaaan, lâchez moi.
- BON ÉCOUTE POUPÉE, DIMANCHE OU PAS, ON SORT CE SOIR, ET AVEC TOI. Et pour ta gouverne, à trois on commencera à se jeter chacune notre tour frénétiquement sur ta vieille porte jusqu'à ce qu'elle s'ouvre.
Et toutes en coeur, je les ai entendues compter : UN, DEUX...
J'ai ouvert évidemment. Un serrurier à payer, cela eut-été le bouquet !
- AH Bonjour chérie ! Bon allez douche, brushing, mini, décolleté, sandwich, un verre de vodka, et on y va.